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BEJAR PASSION

BEJAR PASSION

MES PASSIONS AU FIL DES JOURS

Publié le par Yvette
Publié dans : #Mes chats d'occasion

Dans ma série, "Les chats de ma vie", je vous raconte:

 Calypso, la belle!

Vous ne pourrez que l'admirer

Texte un peu long je sais, mais elle méritait que je raconte sa vie.

Calypso la belle!

Calypso, la belle.

Surnoms : Capso, Tante Caps, Marie bisous. Ma Jolie.

1993

Calypso est mon premier chat à poils longs. Je suis assez réfractaire à ce genre de beauté. Pour moi la beauté ne va pas toujours de pair avec l’intelligence, je laisse ces animaux à pedigree à ceux qui veulent en faire collection. Calypso aurait mérité quand même de concourir dans les expositions tant elle était belle. Mais elle n’avait pas de pedigree.

Elle appartenait à une jeune femme qui vivait en appartement. La chatte et sa maîtresse étaient parfaitement heureuses ensemble. Puis, il y a eu l’arrivée de quatre petits, suivie d’une ovariectomie. Tout allait bien. Mais c’était trop beau. Le travail dans la région faisant défaut, il fallait partir, mais voilà, sans la chatte car elle était indésirable dans le nouveau logement, le propriétaire ne voulait rien savoir : pas de chat.

Cela faisait plusieurs jours que j’entendais parler d’une chatte qu’il fallait «caser». Je me disais qu’il y aurait bien une solution mais ne venant pas forcément de moi. Et puis l’échéance est arrivée. La séparation était imminente. Il ne restait que deux jours, dernier recours : lundi trouver un refuge, SPA ou Animaux Assistance.

Le dimanche après midi, j’étais chez ma sœur. Mon neveu qui connaissait bien la maîtresse de Calypso m’a questionnée sur les jours d’ouverture des refuges. Chose à ne pas faire. Je n’admettais pas ça. J’ai téléphoné à Michel pour savoir s’il acceptait une chatte, tatouée et opérée. Pas de réponse négative. Et puis «qui ne dit rien consent ! La minette viendra chez nous ».

Quel soulagement pour sa maîtresse qui avait déjà entendu parler de nous. Mais au fait, comment était-elle cette chatte ? Je ne m’étais pas souciée du tout de son aspect : rousse, tachée de blanc et noir. C’est tout.

Le soir même, j’ai vu arriver chez moi, un grand panier, super luxe, un sac de croquettes, une brosse spéciale, bref tout ce qui accompagne le chat choyé. Et dans le panier, qu’y avait-il ? Devinez. Un superbe persan écaille de tortue, une chatte splendide mais affublée d’une voix oh ! la catastrophe ! Elle se nommait Calypso. Je n’avais jamais eu de chat de ce genre, à part deux siamois de passage, je n’ai eu que de vulgaires chats de type européen.

Notre Calypso a eu du mal à s’adapter. Elle était fidèle. Sa maîtresse lui manquait. Elle avait élu domicile sur un meuble de la salle à manger, descendait de temps en temps mais elle n’était habituée ni aux chiens ni aux autres chats. Elle sortait rarement, on sentait qu’elle n’était pas heureuse. Cela a duré plusieurs semaines. Et puis, il est arrivé dans le quartier un petit bout de chat gris, un riquiqui de bébé, perdu. Elle n’a pas pu résister, elle l’a pris sous son aile pour l’éducation, les jeux étant assumés en commun avec Bip. Et voilà notre Calypso transformée, réveillée.

Depuis c’est devenu une très grosse chatte que je coiffais presque tous les jours et qui venait chercher des bisous tous les matins à l’heure du petit déjeuner. Une vraie séance de câlins réciproques. Elle avait enfin oublié qu’on l’avait abandonnée. Il a fallu lui prodiguer beaucoup de tendresse pour qu’enfin elle puisse revivre normalement.  Elle avait appris à aimer tout le monde : humains, chiens et tous ses congénères. Inutile de dire qu’elle ne passait pas inaperçue aussi bien par sa beauté, sa grosseur que par sa gentillesse. J’avais des préjugés, je pensais qu’un chat ne pouvait pas être en même temps beau, intelligent, et fidèle. Elle m’en a appris beaucoup. On l’a surnommée Tante Caps, car elle adorait jouer avec les petits, elle était très maternelle. Cela lui arrivait de provoquer les autres, même les adultes, pour les inciter au jeu. (Suite plus bas)

Calypso la belle!

Quand j'étais dans la cuisine, Calypso était toujours sur une chaise, elle suivait tous mes faits et gestes. Ce n’était pas pour quémander quelque morceau, non, c’était tout simplement qu’elle n’aimait pas être seule et dans une cuisine il y a beaucoup d’activités. Nous avions, dans ces moments, de grandes conversations, accompagnées de câlins…

Elle nous appellait souvent de sa belle voix de basse très peu « féminine », il fallait aller lui parler sinon elle était malheureuse. Une petite caresse, un gros bisou et cela allait mieux. Nous nous comprenions à merveille toutes les deux. Quand je sortais de la cuisine, si j'étais trop longtemps absente, elle m’appellait pour que je revienne près d’elle, elle avait besoin de ma présence. Si je sentais son regard rivé sur moi, je lui faisais un petit signe de tête voulant dire « tu vas bien ? » et en réponse elle me faisait, elle aussi, un signe de tête accompagné d’un clignement des yeux. Elle allait bien. Si je lui parlais : « J’ai l’impression que tu as faim, ma Calypso », et en réponse, il sortait de sa gorge un superbe « Min ! ! » allongé et grave, signifiant que j’avais bien compris.

Son problème : ses griffes. Elles poussaient très vite et les séances sur l’écorce des arbres ne suffisaient pas, il fallait intervenir. Mais alors là, notre gentille chatte se transformait en panthère, nous étions obligés de l’envelopper dans une couverture. Très méfiante ! Elle était très difficile à soigner. Un jour, nous l’avons vue arriver en boitant. Les griffes de ses ergots étaient entrées dans la chair des coussinets de ses deux pattes. Intervention du vétérinaire avec anesthésie générale. Ses deux pattes étaient bandées !

Quand la petite Saona est arrivée, elle avait la teigne, il a fallu traiter tous les autres chats pendant un mois matin et soir, y compris notre Calypso, quel calvaire pour elle !

Notre Calypso était très présente à la maison, en fait depuis le départ de Bip, c’était elle le chef de file. Elle avait sa place dans la cuisine sur une chaise, toujours assise, elle était très visible de par sa couleur, car le ton fauve virait à l’orangé, le blanc était lumineux et le noir de jais. Dans la nouvelle cuisine intégrée que nous avions fait installer, il n’était prévu que deux chaises. Il n’était pas question de sacrifier Calypso. Elle a eu sa chaise à elle aussi !

Elle avait un port majestueux. Elle se tenait très droite sur son siège, au soleil de préférence, et nous tendait son museau en fermant à demi les yeux. Elle n’était pas orgueilleuse. Elle était simple, tout en étant attentionnée à sa toilette, à son aspect qui était toujours irréprochable.

Depuis le départ de notre grande chienne Anka, notre gentille chatte n’était plus la même. Elle ne mangeait presque plus, elle pleurait, elle avait maigri. Etait-ce le chagrin ? Ou était-ce plus grave ? Car elle buvait beaucoup et je craignais  des problèmes sanguins. Un taux d’urée hors norme peut-être ? Nous connaissions ces symptômes. Comment faire ? Elle qui avait horreur des soins. Mais il allait falloir se résoudre à l’emmener en consultation.

Voilà ! ce que je redoutais est arrivé. Notre Calypso était très malade, elle nous filait entre les doigts et il n’y avait rien à faire. Je ne décrirai pas son déclin. Cela est trop douloureux. Je ne veux parler d’elle qu’au présent car elle est toujours près de nous. Je sais une chose, c’est que sa chaise va être vide dans la cuisine, que nous ne nous parlerons plus, que je ne sentirai plus son regard sur moi attendant une caresse, un petit mot, un bisou. Et ça je ne peux le supporter. Ce n’était pas son tour. Elle n’avait que neuf ans, nous avions encore du temps à vivre ensemble mais le destin en a voulu autrement. Je ne pouvais plus la retenir. Elle partait comme mon Biquet, de la même maladie, mais lui a préféré se cacher pour ne pas nous montrer sa déchéance.

Quand je dis qu’elle m’abandonnait, ce n’est pas vrai car je crois que ce n’était pas sa volonté à elle. J’aurais voulu lui rendre toute l’affection, toute l’attention qu’elle a su me prodiguer quand j’étais malade, mais je n’ai pas son pouvoir. J’aurais fait tout mon possible. J'aurais tant aimé que le diagnostique fût faux, mais malheureusement, notre médecin ne se trompe jamais ! Dans son regard, on lisait toute la tristesse d’une gentille petite chatte fidèle qui ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Elle s’isolait de plus en plus et on respectait son attitude. Plus rien n’y faisait, elle s’est pourtant soumise à tous les soins, toutes les misères que nous lui avons imposées pour son bien, soi-disant. Il était trop tard. Notre gentille Calypso nous quittait.

Notre Calypso nous a quittés un matin, le 1er juin 1999. Elle a eu droit comme tous les petits qui nous quittent à être enterrée dans le jardin avec tout le cérémonial qui leur est dû : linceul, fleurs, larmes etc… Nous ne voulons nous souvenir d’elle que comme une superbe chatte, gentille, douce, présente, maternelle, attentionnée à tous les événements concernant la maisonnée, joueuse jusqu’à la fin de ses jours, courageuse, digne devant la mort, confiante en ces maîtres. Nous espérons que, où qu’elle soit partie, elle nous protégera encore comme elle l’a toujours fait depuis qu’elle est entrée dans notre maison.

 

Extrait de mon livre: Une bien belle petite famille

Commenter cet article

Piou-Piou 22/01/2014 20:12

C'est une belle histoire, mais qui se finit tristement !
Câlins à Sissou

Yvette 23/01/2014 09:59

Mon pauvre Piou-Piou, toutes mes histoire finissent tristement, c'est normal, je raconte l'histoire de tous les chats que j'ai recueillis et qui ont fini par me laisser par la force des choses.

Chatdesîles 19/01/2014 23:24

Bonsoir,
J'ai lu votre très beau texte avec plaisir et émotion ... Elle était fort belle Calypso et comme vous l'aimiez !
Nul doute qu'elle veille sur vous
Bonne semaine !

Yvette 25/01/2014 19:22

J'ai adoré tous les chats qui sont passés sous mon toit. Mais il est vrai qu'il y en a qui m'ont marquée plus que d'autres. Certains trop discrets , ou ayant passé trop peu de temps chez nous ont laissé moins de traces.

Lorraine 18/01/2014 18:14

Comme tu racontes bien ta Calypso, chère Yvette! Comme vous vous aimiez! C'est vrai qu'on sent cet "zmour" (comment appeler autrement ce sentiment si fort!) que nous donne le chat, ce compagnon profondément attaché quand il a compris qu'il est aimé en retour! La fin est triste, comme tous les adieux que nous donnons aux chats de notre existence, qui nous accompagnent un moment puis s'en vont, parce que c'est leur loi. Mais ils restent près de nous, ombres fidèles que nous n'oublions jamais.
Je t'embrasse, chère Yvette.
Lorraine

Yvette 18/01/2014 18:57

Je crois que j'en parlerai encore quand je passerai à un autre chapitre: celui d'une famille chats que j'ai adoptée. Je raconterai ce que ma Calypso a fait quand j'étais malade et seule.

Dani et ses chats 17/01/2014 20:58

Je t'avoue que je n'ai lu que le début et la fin,
mais promis, je reviens lire la totalité du texte demain !

Elle ressemble à Fanny, une minette que ma soeur a eue.

Bises et bon week-end. Caresses à la tribu. Dani

Yvette 17/01/2014 21:04

Dany , tu ne peux pas être partout à la fois. Certains de mes textes sont longs et je suis intarissable quand je parle de mes chats!

Kimcat 17/01/2014 18:40

Coucou chère Yvette
L'histoire de ta belle Calypso m'émeut bien entendu. Elle est si bien racontée...
Quel chagrin nous avons, lorsque nos adorables minous nous quittent ! C'est un déchirement à chaque fois.
Bisous
Béa kimcat

Yvette 17/01/2014 21:17

J'ai tellement eu de chats que tous n'auront pas leur histoire racontée, car j'ai oublié certains passages et puis il y en a qui sont restés si peu chez nous, juste 1 moi ou une semaine.

Caroline PC40 17/01/2014 17:50

quelle dommage qu'elle soit partie si vite! une bien jolie chatte, la mienne vient aussi toujours à côté de moi quand je suis au bureau et elle a son panier près de mon lit, elle miaule le soir pour me dire d'aller au lit!
Tous les dessins que je mets sur mon blog peintures ont été faits au cours des années, maintenant, je ne peins pratiquement plus, je n'ai plus le temps!
bises

Yvette 17/01/2014 21:14

Oh mon Sissou, lui c'est quand il veut que je me lève pour lui ouvrir la porte le matin à 6h . Je me lève, le fais sortir, je me recouche. Eh bien il revient et saute sur mon lit pour que je me lève vraiment!

arlette 17/01/2014 17:34

quelle belle histoire avec vous.....
les miens sont aussi comme cela avec plein d'habitudes
bises

Yvette 17/01/2014 21:11

Oui cette chatte nous a marqués. Elle était douce, intelligente. Bon tu sais chacun laisse sa trace dans nos cœurs!

marineLou 17/01/2014 16:34

Et je t'embrasse très fort pour tout ce chagrin Yvette !

marineLou 17/01/2014 16:32

Comme moi tu penses à tes animaux disparus, et on les garde toujours dans son coeur !
Ma siamoise Zoé dans le jardin de ma fille, la jolie Bulle-Bulotte, noire et blanche, est enterrée ici sur la butte, je lui avais fait une petite tombe avec son effigie en céramique, elle y est toujours...
Les chiens et les chevaux sont dans notre coeur aussi...
Merci pour tes souvenirs d'Afrique Yvette ! Gros bisous
Marine

Yvette 17/01/2014 21:10

Tu sais on ne nous refera pas, surtout moi à mon âge maintenant !!!!

Ncole 17/01/2014 14:49

Et voila, je savais que j'allais adorer cette histoire, mais je savais aussi qu'à la fin, j'aurais les yeux qui coulent !
Elle était magnifique, alors que moi non plus je n'apprécie pas tellement les longs poils ,je préfère les chats de gouttière, il faut dire que celle-là était exceptionnelle !Tu sais que ce n'est pas légal de refuser de louer un bien à cause d' un animal, peu de gens le savent, et puis il est vrai que si on ne les accepte pas ,on ne louera pas non plus !
Nicole

Yvette 17/01/2014 21:09

Tu sais c'était il y a 20 ans. Et puis cette chatte était une charge pour elle, de plus il y avait le trajet Nantes-St Jean de Luz. Sa maîtresse était très jeune, pas armée du tout!!!

Latil 17/01/2014 11:17

Le départ du propriétaire est toujours une tragédie pour l animal. Combien se sont retrouvés dans la rue.Elle a eut de la chance de se retrouver chez toi;
Bonne soirée Latil

Yvette 17/01/2014 21:05

Hélas oui tu as raison. Mon Titus que j'ai récupéré blessé devant chez nous avait dû avoir des maîtres qui l'ont laissé sur place. Pauvre bonhomme!

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