La famille Siam
En haut, les jumeaux: Théo (de dos) et Tiffany
En bas Minette ( la mère) et Tiffany
C’est ainsi que j’ai nommé cette famille car la mère était siamoise et ses deux petits identiques mais
avec de grands poils, type « Sacré de Birmanie » sans le pedigree.
Cela se passait en 2002. La chatte que j’avais surnommée Minette avait l’habitude, depuis plusieurs mois,
de venir manger matin et soir devant la maison (avec Pitchoune, Titus, Grison et Mina, tous chats des rues, et les hérissons et les pies etc. je parlerai d’eux plus tard.)
Je voyais bien que son ventre s’arrondissait et qu’elle n’allait pas tarder à accoucher (et Pitchoune
aussi !). Ces chats ne m’appartenaient pas. Je leur donnais des restes de soupe des miens plutôt que de jeter et tout ce petit monde était content. Alors cette Minette, je me suis dit :
elle va retourner faire ses petits chez elle. Je me doutais d’où elle pouvait provenir.
Et puis elle s’est absentée et est revenue toute mince. Pendant plus d’un mois je l’ai vu aller et venir.
Mais un jour je me suis rendue compte qu’elle ne prenait pas la direction que je pensais, elle allait en sens inverse, elle traversait la rue au risque de se faire écraser.
Un soir qu’il pleuvait à plein temps elle miaulait derrière la porte. Je l’ai fait rentrer mais elle a
voulu ressortir aussitôt. Michel me fit remarquer qu’elle avait peut-être ses petits et qu’il ne fallait pas l’enfermer. Alors le lendemain quand la tempête s’est calmée, (la petite mère n’étant
pas venue manger), je me suis inquiétée et j’ai moi aussi traversé la rue et je suis allée l’appeler dans le seul terrain non construit presqu’en face de chez nous. Et je l’ai appelé
« Minette, Minette ». Elle ne connaissait pas ce nom. Mais quelle fut ma surprise quand j’ai entendu sa toute petite voix. Elle était sur un vieux mur de clôture. Je lui ai parlé, je
lui ai donné à manger et puis j’ai compris qu’elle voulait que je la suive. Et c’est ce que je fis.
Et alors, j’ai vu la plus belle des scènes. Deux adorables petits derrières tout ronds et touffus, deux
bébés chats angora âgés de presque deux mois, qui grimpaient dans des branchages. Tout blanc crème avec les oreilles et la queue gris foncé. Mais aussi, deux jeunes chats sauvages. Et y en
avait-il d’autres ?
La mère avait bien mangé et j’ai décidé de la nourrir sur place pour lui éviter de traverser. J’ai fini
par mettre un peu de lait et de soupe pour que les petits apprennent à manger seuls. J’y allais cinq ou six fois par jour parce que je voulais savoir s’ils n’étaient bien que deux. Mais c’était
sans compter les hérissons, et le père qui venait et qui commençait à rôder à nouveau autour de la mère. La soupe filait vite et était très souvent renversée.
Que faire ? Les petits étaient trop sauvages, le terrain très grand et les herbes poussaient au
point d’être plus hautes que moi. C’était la savane.
Et il recommençait à pleuvoir. Ils étaient trempés. Le jour où tout s’est précipité, c’est quand la
voisine nous a dit que cette chatte avait fait ses petits sous son arbre et qu’elle l’avait chassée, et que de toute façon les propriétaires du terrain en friches allaient venir tondre les jours
suivant. Alors les chats partiront (où se feront broyer par la machine!!!)
J’ai réfléchi à toute vitesse (ça m’arrive !) et j’ai conçu un piège à chat et nous l’avons mis en
place avec Michel. Il s’agissait de mettre un panier à chat et d’y mettre de la nourriture dedans. Avec des cordes assez longues, nous pouvions refermer la porte brusquement derrière les petits,
une fois rentrés dedans. Mais voilà, il fallait qu’ils y rentrent dedans ! Un vendredi matin nous sommes allés tous les deux, avons déposé le
panier et nous nous sommes cachés. Hélas il n’y en avait toujours qu’un qui y pénétrait et nous ne voulions pas effrayer l’autre par les cris du premier pris. Il fallait les piéger ensemble. Nous
sommes repartis déçus, mais alors très déçus.
L’après midi nous y sommes retournés. Mais cette fois c’est la mère qui est entrée la première pour boire
le lait. Et nos deux bébés ont suivi. Toujours cachés dans les grandes herbes, nous avons réagi au quart de tour. J’ai tiré brusquement la corde, la porte s’est refermée, Michel a vite couru au
panier, on a tout bloqué. Inutile de dire que ça remuait dur dedans, le lait coulait partout, ça crachait, ça miaulait. Bref, nous les avons mis dans la chambre du haut et nous sommes partis pour
qu’ils se calment.
Maintenant, la mère est morte des suites d’une tumeur dans la gueule. Le chat Théo est plutôt du genre
« pot de colle », et sa sœur Tiffany l’inverse elle est toujours restée sauvage. Cependant elle est très obéissante. Quand arrive l’heure de rentrer à la tombée de la nuit, elle fait
comme tous les autres : elle rentre.
Je raconterai comment Minette a élevé ses petits une autre fois.