Vendredi 9 mai 2008

Un passage de mes écrits sur Gouraya

Le port de Gouraya

 

Sur la droite avant d’arriver au port, il y avait une sorte de monticule, qui surplombait la mer et qui était recouvert de jolies petites fleurs jaunes, des coucous (les fleurs et moi !  !) Et sur le bord, dans une anfractuosité, une sorte de petit puits, sur les parois duquel poussait un feuillage très fin, des capillaires. C’était très joli. Sur la droite, le petit port avec son ponton et sur la gauche la plage. Le sable du port était grossier mais riche en coquillages. Je ne saurais dire combien de kilogrammes de coquillages nous avons ramassés et combien de colliers nous avons faits. Et il ne me reste rien ! Pas un grain de sable, pas un coquillage ! Oh ! Ce n’est pas très grave car je les retrouve la nuit, mais c’est le réveil qui est le plus triste.

Le port et ses petites barques.

Le « ponton » n’était pas neuf, je me demande bien de quand il datait ; il était aussi appelé « canon » et servait de débarcadère pour le vin. La jetée était formée de gros blocs de béton qui n’étaient pas tous dans le prolongement, et qui avaient dû être déplacés pendant une tempête ; c’est sûr, il y a aussi des tempêtes en Méditerranée. Quand les vagues se jetaient sur cette masse qui lui barrait le passage, c’était impressionnant.

Je craignais un peu cette plage car je ne savais pas nager. Notre mère nous apprenait les mouvements et surtout à ne pas avoir peur, mais les vagues, pourtant peu importantes, m’effrayaient. Mes frères eux rejoignaient le ponton qui leur servait de plongeoir et parfois ils nous entraînaient avec eux à l’aide de bouées, de vulgaires chambres à air, noires, de roues de voiture. Et une fois sur le promontoire, nous avions une peur bleue d’en redescendre et faire le retour alors que nous n’avions pas pied. Mais il faisait si beau et si chaud.

C’était une grande plage et l’été beaucoup d’estivants venant de la capitale ou de villes de l’arrière-pays, la fréquentaient. J’étais jeune et j’admirais les jeunes filles en bikini ! Eh ! 1950 ! Et je les enviais ! J’avais envie d’avoir leur âge ! Mais sur cette plage, il y avait des galets, et quand on voulait s’aventurer dans l’eau pour rejoindre le sable, il fallait faire attention car la descente était abrupte et on chutait brusquement à un niveau très profond ; c’est ça, la mer Méditerranée. Au loin, on apercevait les paquebots ou pétroliers. Pour moi, il ne fallait pas qu’ils soient trop loin, car j’étais terriblement myope. Je portais des lunettes (rondes avec des bords en métal, qui me déplaisaient mais qui sont curieusement revenues à la mode récemment). Et ces lunettes, je ne m’en séparais jamais, sinon je risquais de perdre mon entourage, et je dois dire que j’en prenais grand soin, elles n’étaient pas incassables et je ne les ai jamais cassées !

Etait-ce là qu’il y avait le fameux rocher de la fourmi ? Je ne sais pas à quelle distance du rivage il se trouvait, mais cela me paraissait loin. Il y avait de temps en temps des sortes de compétitions entre nageurs et mes frères y participaient. 

publié dans : Gouraya communauté : ALGERIE par Béjar
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Moi

  • : Très passionnée par la nature en général.Ainsi je peins ce que je vois et j'écris ce qui ne peut être peint. J'écris sur mon pays natal: l'Algérie, Gouraya, Cherchell, Bou-medfa etc.
  • : France Nantes
  • : Femme
  • : Béjar

La peinture et moi





  La peinture et moi

La peinture et moi,
Nous étions amies d’enfance.
Elle, généreuse, enjôleuse.
Moi, sensible et romantique.
Nous étions complices,
Nous avions des rêves d’avenir.
Elle était ma gabare
Et moi son moussaillon.
Nous voguions entre des rives colorées,
Heureuses, radieuses.
La peinture et moi,
N
ous étions amies d’enfance.
Mais un jour, on nous a décriées.
On nous a séparées.
Et moi, avec l’innocence de l’adolescence
J’ai accosté et j’ai laissé sur le quai
Ma joie de vivre, ma passion.
Je l’ai reniée, ingrate, méprisante
Pour aller vers d’autres horizons.
La peinture et moi,
Nous étions amies d’enfance.
Mes pas, loin d’elle s’en sont allés.
Mais mon corps lui a donné sa revanche
A son tour, lui, a voulu m’abandonner.
Révolte, souffrance, démission,
Tourmente, affliction.
Je pars, ma vie ne tient plus.
Tout en moi n’est que regret.
Ma gabare, mon amie, où es-tu ?
La peinture et moi,
Nous étions amies d’enfance.
Elle a entendu ma prière,
A vu mon désarroi.
Elle est arrivée peu rancunière
Et nous avons retrouvé notre connivence.
Elle est là, mon amie.
Elle sait, elle a compris
Elle m’a montrée le chemin du mieux-vivre,
Patiemment, tout en douceur.
La peinture et moi,
Nous sommes amies d’enfance.
Nous glissons côte à côte sur une eau claire.
Elle est redevenue ma gabare
Et ma main a repris la barre.
Mais je suis à l’automne de ma vie
Alors mon bateau, quand je serai vraiment cassée,
Vogue sans moi sur le courant,
Vers un autre cœur
Car je sais que toi tu ne mourras jamais.

 

 

 





























































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