Mardi 24 juin 2008

Un extrait de mes souvenirs d'enfance en Algérie
1950

... Est-ce la nostalgie du pays qui a fait qu’un an plus tard, c’était à notre tour d’aller en France ? Et voilà toute la famille, le père toujours avec sa tenue de gendarme, la mère et les quatre enfants dont les âges s’étalaient de huit à vingt ans traversant la Méditerranée. A l’aller, temps superbe sur le paquebot «Président de Casalet ». Pour nous qui n’avions jamais vraiment voyagé c’était merveilleux. Couchettes pour toute la famille et repas dans la grande salle de restaurant à la table ronde centrale. - Le retour sur le «Sidi Ferruch » fut plus mouvementé à cause de la houle ; de plus il n’y avait qu’une couchette pour Maman, Arlette et moi. Papa, Jean-Claude et Pierrot durent dormir dans des transats sur le pont. Les repas se prenaient à la table du commandant. Cette table était longue et unique. Les gens étaient malades. Et c’est Arlette qui en subit les frais. Une dame, brusquement, s’est levée et n’a pas eu le temps de rejoindre les toilettes et lui a vomi dans le dos. Nous qui n’avions déjà pas le «cœur bien accroché », ce n’était pas fait pour arranger les choses. Le roulis plus les odeurs, il était temps que le voyage arrivât à sa fin. Dans la chambre, il ne fallait pas trop essayer de regarder la mer au travers des hublots. Le niveau montait et descendait. L’horizon passait au-dessus et au-dessous du cercle  et le mal de mer pouvait nous atteindre plus vite qu’on ne le souhaitait.

A l’accostage, à Marseille, descente à l’aide d’une passerelle qui nous paraissait branlante, mais la bousculade était telle que l’on n’avait pas le temps de s’en soucier.

Nos premiers pas sur la terre de nos parents.

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Jeudi 29 mai 2008

Un court passage de mes écrits sut l'Algérie

Le Ville d'Alger



      (Nous n'avons traversé la Méditerranée que trois fois, deux en paquebot et une en avion.)

Le « Ville d’Alger » fut construit aux Chantiers de Saint Nazaire en 1935. Ce fut dans ces années là le plus gros paquebot mis en service pour les lignes d’Afrique du Nord. Il était surnommé le « Normandie de la Méditerranée ».
         Il possédait au départ deux cheminées, mais celle qui était à l’arrière était factice. Il fut réquisitionné pendant la guerre, saisi par les Allemands en 1943, repris, incendié et sabordé par les troupes allemandes en retraite en août 1944. Renfloué en 1945, il fut complètement reconstruit, sa cheminée arrière supprimée, et l’autre modernisée et surélevée.
          En 1948, il reprit du service, et un an plus tard je le vis la première fois quand notre tante vint en vacances en Algérie en 1949. Il fut vendu à un armateur grec et rebaptisé « Poseïdon », en 1966 et démoli en 1969.
          Quelle manie de débaptiser et rebaptiser ces pauvres bateaux ! Moi ça me dérange, ces paquebots ont une âme et on n’a pas le droit de les traiter ainsi. Ils avaient transporté des pionniers aventuriers et heureux vers cette terre paradisiaque. Cent trente années plus tard ils ont repris leurs enfants pour le chemin du retour. 

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Dimanche 18 mai 2008

Photo bladi.over-blog

Un court passage de mes écrits sur l'Algérie

Alger

..... Et près du square Bresson débouchait la rue Bab-Azoun. De cette rue aucun souvenir, sauf qu’elle était très large à mes yeux d’enfant, et surtout à cause d’une chanson que nous fredonnions dans toute l’Algérie à l’époque. En voici les amusantes paroles :

 

« Hier au soir et zim boum-boum,

Dans la rue Bab-Azoun et zim boum-boum,

On a trouvé et zim boum-boum,

Une jeune fille assassinée et zim boum-boum,

Et la police et zim boum-boum,

Toujours pleine de malice et zim boum-boum,

Collait des affiches et zim boum-boum,

Sur lesquelles on lisait : »

         Et on recommençait : « hier au soir etc… »

Et puis la rue d’Isly, la rue Michelet … Ce dont je me souviens, c’est que les rues étaient très animées. On y rencontrait toutes sortes de gens. Des loqueteux comme des personnages bien habillés. Notre mère nous tenait serrées contre elle, Arlette et moi. Elle craignait toujours de nous perdre, il ne fallait pas que nous marchions derrière elle, de toutes façons nous étions si peu habituées à la ville qu’un rien nous effrayait. Les devantures des magasins étaient chargées de toutes sortes d’objets aux couleurs voyantes ; les marchands appelaient les passants sur les trottoirs en criant, et la musique sortait de toutes les boutiques. Les mélanges d’odeurs emplissaient les rues, passant des épices salées aux épices sucrées. Et puis on entendait les sirènes des bateaux dans le port invitant les voyageurs à embarquer, formant avec les cris des mouettes une symphonie portuaire. Et ça, je ne l’oublierai jamais. Tous ces paquebots qui stationnaient dans la baie ! Il y en avait des grands et des petits, mais pour nous, ils étaient tous très impressionnants.

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Samedi 10 mai 2008

Un passage de mes écrits sur l’Algérie

 

Les petits Yaouleds


 …. et puis il y avait aussi les petits "Yaouleds".

 

Les yaouleds, qui étaient-ils ?  En faisant mes recherches, j’ai découvert l’origine du mot « yaouled ». C’est un mot qui, en fait, est composé de deux autres mots» : « Ya » qui est une interjection mais qui peut aussi dire «viens » et le deuxième mot « ouled » qui veut dire « enfant ». Ainsi « ya ouled !» qui servait à héler un enfant est devenu « yaouled ». Les Européens avaient pour habitude d’appeler de cette manière les jeunes enfants qui leur servaient de commissionnaires, de « grooms ». Et ils étaient légions ces petits yaouleds aux alentours des gares, des ports tels qu’Alger, des restaurants, des marchés. Ils étaient partout. Toujours prêts à cirer les chaussures, à porter une valise ou les couffins pleins de victuailles des femmes. Ils flairaient les étrangers qui étaient pour eux des clients de choix. Ils tournaient autour d’eux, toujours en sautillant, riant, criant, paraissant heureux de leur sort. Leurs vêtements en loques  ne plaidaient pas toujours en leur faveur, mais leur bonne humeur, leurs plaisanteries, leurs drôleries effaçaient toute première impression négative.

Ils étaient pourvus d’une grande patience, d’une grande persévérance et surtout d’une grande philosophie : il le fallait car ils se faisaient souvent rejeter. Ils avaient l’habitude de se contenter de peu. Mais moi cela me gênait. Je n’aimais pas les voir tourner autour de nous. J’avais une impression de mauvaise conscience. Ils étaient de notre âge. Nous, nous étions toujours « tirées à quatre épingles », quand nous étions enfants, et la pauvreté autour de moi me dérangeait. Ce n’était pas le « spectacle » de ces  enfants ou de ces gens en hardes qui me contrariait, c’était cette misère qui nous côtoyait contre laquelle nous ne pouvions rien. Ne rien pouvoir faire ! Maman donnait toujours une pièce. Elle nous avait appris à partager, mais pouvions-nous partager avec tous les malheureux ? Il était très courant de voir des indigènes mendier dans les rues, et toujours je quémandais une pièce pour la donner à ces gens. Notre mère nous en donnait une à chacune et nous allions, la conscience tranquille, déposer notre obole  dans la main du pauvre.
         Et à Alger, comme dans toutes les villes d’Algérie, il y avait des petits yaouleds. Je crois que ce mot s’est vulgarisé et que l’on appelait « yaouled » tous les  jeunes garçons arabes qui couraient dans les rues.

 

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Lundi 5 mai 2008

Quelques passages de mes écrits sur l’Algérie

 

Le paludisme

 

… il est temps que je mentionne le paludisme, car nous y sommes tous passés, toute la famille a été atteinte par cette maladie, plus ou moins suivant les sujets, mais nous avons tous été marqués ! Quand nous sommes arrivés en France, nous n’osions pas parler de cette maladie, les Français en avaient peur ! Ils assimilaient ça à une sorte  de « delirium tremens » ! Un genre de folie ! D’ailleurs, on entendait souvent cette phrase : « Ils ont fait les colonies, alors… » et cela sous-entendait toutes sortes de maladies épouvantables et pourquoi pas contagieuses !

Bon le paludisme, appelé malaria suivant les régions est une parasitose transmise par la piqûre d’un moustique femelle, l’anophèle, provoquant des fièvres intermittentes. Avant que la quinine ne fasse son apparition, les décès étaient nombreux et beaucoup ne revirent pas leur pays.  Alors ce moustique ? Même actuellement il est encore un fléau. A l’époque, nous utilisions du Fly-tox qui avait une odeur affreuse. Chaque famille avait sa pompe pour l’intérieur des maisons mais comme le moustique pullulait sur les bords des oueds, dans les régions marécageuses, dans les roseaux et les lauriers, il fallait recommencer tous les jours.

Les eucalyptus, ces arbres aux troncs si beaux qui me fascinaient par leur élégance et leur feuillage toujours d’un vert un peu bleu argenté, ces eucalyptus ne sont pas innocents non plus en ce qui concerne le paludisme. Cet arbre qui a la particularité de grandir très vite, était l’arbre fétiche des colonisateurs français en Afrique du Nord. Ses feuilles servaient à soigner les bronches et son bois n’était pas à dédaigner. Cependant, personne n’avait prévu que cet arbre si prisé était pourvoyeur de paludisme. Les moustiques restaient tapis dans la journée sous les feuilles longues et plates d’où ils descendaient tranquillement à la tombée de la nuit pour assaillir les populations. Et voilà toute la famille Richard atteinte par le paludisme. Cela se manifestait par de la fièvre sans raison apparente, des tremblements, une très grande fatigue, parfois accompagnée de jaunisse (ictère), et puis de violents maux de tête. En ce qui me concerne, j’ai avalé suffisamment de quinacrine, des petits comprimés jaunes, qui me faisaient dire que si j’avais le teint jaune c’était eux qui en étaient la cause. Ils étaient horriblement amers ! Je n’ai jamais eu de très fortes fièvres ou alors je ne m’en souviens pas, c’était plutôt à l’état latent, avec des maux de tête insupportables qui durèrent même après notre arrivée en France. Heureusement, par la suite tout fut éradiqué ….

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Jeudi 17 avril 2008

Les paroles de cette chanson ont été écrites par mon amie Marie-Claude.
Elle aussi pense à ce pays qui fut le mien, qui fut le nôtre. L'Algérie.

Sur l'air de "Je reviens chez nous"

Du pays de mon enfance,
Que j'ai trop tôt quitté,
Malgré ma longue errance;
Je n'ai rien oublié,
Splendeur de ses rivages,
Odeurs de ses étals,
Et ses beaux coquillages
Le long du littoral.

A Zurich et Cherchell
Gouraya et Villebourg,
La vie était si belle
Et si pleine d'amour.
Nous étions trop petits
Pour comprendre pourquoi
Quand on quitte un pays,
Ce n'est pas dans la joie.

Beaucoup d'eau a coulé,
Les coeurs sont apaisés,
Et petit à petit,
Nous avons fait nos vies;
Etranger de passage
Si tu y vas un jour,
Donne-lui ce message:
Que je l'aime toujours

Refrain
Quand je pense à mon beau pays,
J'ai le coeur meurtri,
Je sais qu'il est loin d'ici,
Car c'est l'algérie.
Quand je rêve en fermant les yeux,
C'est lui que je vois,
Et je songe à mes chers aïeux
Qui dorment là-bas!

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Jeudi 17 avril 2008

Mare medi terra*

 

Dites, vous souvient-il, cher frère, chère sœur,

De ce tapis d’azur aux vagues fascinantes

Qui déployaient sans fin, avec d’incessants heurts,

Les innocents galets et les algues flottantes ?

 

Dites, vous en souvient-il de cette onde bleue,

A fleur de sel, et son éternel clapotis,

Bruissant et chuintant  sur les lourds fonds sableux,

Saturés de mille légendes englouties ?

 

Vous en souvient-il encor de l’odeur iodée,

Du goémon fin déraciné des rochers,

Et échelonné en longs rubans torsadés,

Sur les plages brûlantes de galets jonchées ?

 

Tantôt calme sous  Zéphyr, tantôt agitée

Sous Notos, il exhalait de ses profondeurs ,

Et  de son grand manteau écumant  et bleuté

De longs soupirs ensorcelants et enjôleurs.

 

Son pudique reflux, éternelle Thétys,

Psalmodiait inlassablement des litanies,

Couvertes d’écume à reflets myosotis,

Au creux des criques, telle une lente agonie.

 

 Près d’elle, nous étions les enfants du soleil,

Loin d’elle, nous sommes les dauphins de l’exil,

Bannis, un murex nacré collé à l’oreille,

En compensation d’un sonotone aquatil.

 

Vous souvient-il enfin de ses vagues jetées

En gerbes blanches sur le vieux môle glissant,

Sur ses îlots perdus dans son immensité ?

Mais peut-être avons-nous rêvé en vieillissant ?


Béjar/Yvette 

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Lundi 7 avril 2008

Algérie de mon cœur

 

Un peu de sable de la plage dans un verre,

Une poignée de limon à l’odeur salée,

Immortelle offrande de cette  ardente terre,

Merveilleux mirage, dans mes nuits d’exilée.

 

Glèbe brûlée par l’astre radieux et ardent,

Répandant sa lumière intense en chape d’or,

Rocaille de grès et  gypse papillotant,

Vibrant hommage au pays du peuple des Maures.

 

Palmiers chargés de doux fruits oblongs et charnus,

Amandiers aux coques vertes et veloutées,

Figuiers aux grappes d’un violet soutenu

Abricotiers aux juteux fardeaux duvetés.

 

La voute céleste cérulée et opale

Disperse à profusion des perles argentées

Sur l’onde bleue ainsi qu’une guipure pâle,

D’une sauvage et envoutante pureté.

 

Couleurs surannées et parfums ensorcelants.

Eternel été dans un jardin hors du temps.

Algérie de mon cœur aux souvenirs brûlants

Jadis imprimés par le souffle chaud du vent.

Béjar/Yvette

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Présentation

Moi

  • : Très passionnée par la nature en général.Ainsi je peins ce que je vois et j'écris ce qui ne peut être peint. J'écris sur mon pays natal: l'Algérie, Gouraya, Cherchell, Bou-medfa etc.
  • : France Nantes
  • : Femme
  • : Béjar

La peinture et moi





  La peinture et moi

La peinture et moi,
Nous étions amies d’enfance.
Elle, généreuse, enjôleuse.
Moi, sensible et romantique.
Nous étions complices,
Nous avions des rêves d’avenir.
Elle était ma gabare
Et moi son moussaillon.
Nous voguions entre des rives colorées,
Heureuses, radieuses.
La peinture et moi,
N
ous étions amies d’enfance.
Mais un jour, on nous a décriées.
On nous a séparées.
Et moi, avec l’innocence de l’adolescence
J’ai accosté et j’ai laissé sur le quai
Ma joie de vivre, ma passion.
Je l’ai reniée, ingrate, méprisante
Pour aller vers d’autres horizons.
La peinture et moi,
Nous étions amies d’enfance.
Mes pas, loin d’elle s’en sont allés.
Mais mon corps lui a donné sa revanche
A son tour, lui, a voulu m’abandonner.
Révolte, souffrance, démission,
Tourmente, affliction.
Je pars, ma vie ne tient plus.
Tout en moi n’est que regret.
Ma gabare, mon amie, où es-tu ?
La peinture et moi,
Nous étions amies d’enfance.
Elle a entendu ma prière,
A vu mon désarroi.
Elle est arrivée peu rancunière
Et nous avons retrouvé notre connivence.
Elle est là, mon amie.
Elle sait, elle a compris
Elle m’a montrée le chemin du mieux-vivre,
Patiemment, tout en douceur.
La peinture et moi,
Nous sommes amies d’enfance.
Nous glissons côte à côte sur une eau claire.
Elle est redevenue ma gabare
Et ma main a repris la barre.
Mais je suis à l’automne de ma vie
Alors mon bateau, quand je serai vraiment cassée,
Vogue sans moi sur le courant,
Vers un autre cœur
Car je sais que toi tu ne mourras jamais.

 

 

 





























































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