Samedi 5 juillet 2008




Le voleur d’images

 

Il m’est arrivé de le suivre, infatigable,

Au cours de ses pérégrinations bucoliques,

Son sac à dos en bandoulière, imperturbable,

A la recherche du panorama unique.

 

Son regard avisé traque les vieilles pierres,

Les branchages dénudés et fins des grands chênes,

Une flaque d’eau reflétant une barrière

Ou une ronce roussie enserrant un frêne.

 

Il ralentit afin de jouir de l’instant.

Une tourterelle recoulant près de lui

Trouble, ravie, la sérénité du moment.

C’est l’extase. Ici est sans doute la vraie vie.

 

Alors il s’arrête, observe ciel et nuages,

Sort son cahier d’esquisses et insatiable,

Laisse son crayon tracer sur la blanche page,

Courbes, traits purs et arabesques  innombrables.

 

Demain, je le sais, il reviendra s’installer,

Impatient, devant cette scène pastorale,

Et rapidement il déploiera chevalet,

Pinceaux et tubes en un geste machinal.

 

Sur la toile de lin, il emprisonnera

Ce décor, empreint de silence et de mystère,

Composé de couleurs qu’il apprivoisera

Et illuminera de traits de lumière.

 

Son œuvre exhalera un parfum enivrant

De paix, de liberté, de générosité

Et de romantisme, traduisant le talent

D’un maître pétri d’une grande humilité. 

                                  Yvette 

Je l'ai suivi ce peintre.
Je l'ai vu oeuvrer.
Je ne pouvais pas passer sans écrire
quelques vers pour accompagner sa peinture.
Il est vrai ! C'est mon ami !

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Vendredi 20 juin 2008


J'ai peint ce tableau il y a une quinzaine d'années, d'après une photo datant de 1962.

Souvenirs 

Tant de beaux souvenirs tournent dans ma mémoire.

Souvenirs d’enfant, souvenirs d’adolescent.

Odeurs et bruits émergent en force le soir

Me renvoyant vers ce passé encor présent.

 

Une petite maison basse aux murs blanchis,

Au faîtage et au toit de tuiles ocre rouge ;

Un jardin pour y cueillir des fleurs et des fruits ;

Un portillon grinçant que seul le vent entrouvre.

 

Les yeux pleins de lumière, je me transporte

Vers cette demeure cinquante ans en arrière,

M’attardant un instant devant la vieille porte

Au joli vitrail octogonal rouge et vert.

 

J’entends encore le carillon de la pendule,

Et le bruit des sabots de mon père dans les allées,

Et les crickets dans le jardin au crépuscule,

Et le doux zézaiement des abeilles zélées.

 

Je souris en me revoyant encore enfant,

Grimpant sur l’échelle ou allongé dans le foin,

Ou galopant derrière un cerceau titubant

Me roulant dans l’herbe sèche avec les copains.

 

Je respire l’été, l’odeur des confitures

Cuisant et caramélisant sur le trépied,

Le parfum de prune à la fine mordorure,

Les fraises, les cerises et le cassissier.

 

L’odeur des crêpes sur la vieille cuisinière,

Ou du pot-au-feu qui rassemblait la famille

Tout autour de la table les soirées d’hiver,

Le bon petit rouget excitant nos papilles.

 

Mélange subtile d’odeurs et de couleurs,

Muguet parfumé, jonquilles et mimosa,

Hortensia, rosier grimpant à multiples fleurs,

Laurier rose, tendre daphné et blanc lilas.

 

Septembre et les vendanges, la vigne et le vin.

Et le cliquetis du clapet dans le pressoir,

Les grappes lourdes chargées de leurs précieux grains,

Et le jus vermeil et sucré si doux à boire.

 

Les effluves du vin nouveau qui bouillonne

Dans les vieux tonnelets de chêne du cellier

Le claquement sourd de la pompe qui résonne,

Et l’eau fraîche du puits pour nous revivifier.

 

La véranda et les géraniums de ma mère,

Et le banc pour s’asseoir à l’abri du soleil,

La chatte et le chien à ses pieds, solidaires.

Une douce quiétude envahit l’atmosphère.

 

Ils sont partis laissant, libre, la place à d’autres,

Mais elle, elle est toujours là, présente et fidèle.

Elle a refait sa vie et elle n’est plus des nôtres,

Mais de mon jardin je veille toujours sur elle. 

                                   Michel et Yvette


 
Nous avons écrit ce poème, Michel et moi, en souvenir de cette petite maison, construite des mains de mon beau-père  et qui est toujours vivante mais rénovée. 

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Jeudi 19 juin 2008

 Ce que je vois le matin au réveil...

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Mardi 20 mai 2008





Prière  d’un têtard ligérien

 

Sur la grève, elles saignent les grumes étalées,

Rossées et torturées, carcasses abattues.

Une sève rougeâtre colore leurs plaies.

Elles ne luttent plus, ne se débattent plus.

 

On les appelle trogne ou plus souvent têtard ;

C’est vrai qu’ils sont très laids, tortueux ou bossus,

Alors qu’ils sont frênes, saules, peupliers noirs,

Que l’on émonde sans cesse, les laissant nus.

 

L’hiver, ils n’ont plus de bras pour stopper le vent,

Pourtant, sans rancune, ils gardent dans leurs entrailles,

Des petits êtres, boules de poils doux, vivant

Serrés à l’abri, mais réchauffant leur poitrail.

 

Ils vous implorent, ô toi Lune et toi Soleil !

Ne les laissez pas continuer ce carnage !

Leurs spectres ventrus, crevés, tendus vers le ciel

Prient pour faire cesser ce terrible abattage.

 

Ils sont crucifiés par les prédateurs humains !

Dieux grecs  ou  bien romains, ou  Saints du paradis,

Joseph ! Sauvez ces pauvres têtards ligériens !

Laissez les se mirer encor dans l’eau qui luit.

                                           Béjar / Yvette

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Samedi 17 mai 2008

  Fleur de pamplemoussier


                    Issu d'un pépin de pamplemousse, ce petit arbuste n'a pas un an.
                                                       Et il ose fleurir!
                                           Imaginez-vous un peu cette prétention?
                                         J'ai des doutes quant au fruit à venir.
                                              Mais je vais le suivre de près.
                      C'est tout de même sympa de sa part de nous offrir cette fleur
                                          et je ne vous dis pas du parfum !!
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Jeudi 15 mai 2008


Le jardin de Patricia


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Jeudi 24 avril 2008



Y a le printemps qui se réveille
t'as le bonjour du printemps ...

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Mardi 22 avril 2008

SOIF

 

 

Soif d’eau fraîche et de rosée,

Soif de plages et de forêts,

Soif de peindre et d’écrire,

Soif de regarder et de sentir,


Soif de justice et de liberté,

Soif de paix et d’égalité,

Soif de donner et de partager,

Soif d’honnêteté et de générosité,


Soif d’humilité et de modestie,

Soif de poésie et de magie,

Soif d’amour et de tendresse,

Soif de plaisir et d’allégresse,


Soif de soleil et de lumière,

Soif de couleurs, bleu, rouge, jaune, vert

Soif de cris et de rire d’enfants,

Soif de renouveau et de printemps,

Soif de musique et d’harmonie

Soif de tout ce qui fait la vie,

Soif de VIVRE … encore un peu !

Béjar/Yvette

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Jeudi 17 avril 2008

Le Pont et la Rivière

 

 

C’est un petit pont anonyme, tout en pierre

Encore solide et patiné par le temps,

Enlaçant dans ses bras une jolie rivière

Fraîche et  agile, contre son cœur palpitant

 

C’est un tout petit pont ! Pensez ! Une seule arche.

A-t-il seulement vu une yole, un esquif ?

Quelque pêcheur aventureux épris de large

Peut-être, capitaine d’un futreau chétif ?

 

Oui, mais, en a-t-il vu caracoler sur lui

Des chevaux et charrettes chargées de volailles

Pour le marché de Challans, à renfort de bruit,

De Touvois, Falleron, Froidfond jusqu’au foirail !

 

Et cette eau limpide qui glisse sous sa voûte !

Amoureux de cette étoile qui le caresse,

Il ne peut la retenir car elle l’envoûte

Le séduit et l’ensorcelle jusqu’à l’ivresse.

 

Elle rêve d’un delta bleu vers l’océan,

De se rouler dans les fonds sableux d’un lit creux.

Pour l’heure, deux étiers lui ont prêté leurs flans

Et l’ont guidée vers un golfe marécageux !

 

Une légende dit que, si l’on passe à pied,

Pour la première fois sur un pont quel qu’il soit,

Et si l’on fait un vœu, il sera exaucé.

Alors, allez entre Falleron et Touvois :

Sur la route, vous passez au-dessus d’un pont.

Faites un vœu et ensuite racontez-moi !

Béjar/Yvette

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Mardi 15 avril 2008




Harmonie

 

 

Regarde ! Regarde bien tout ce qui t’entoure.

Avance et respire la vie à pleins poumons.

Ne t’arrête pas. Vois le printemps qui accourt.

Il ne t’attendra pas, fugitive saison.

 

L’air est encor frais. Une odeur d’humus s’exhale,

Apre et suave à la fois. L’hiver est fini.

Ecoute ! Même l’eau du ruisseau qui dévale

A joint des sons cristallins à sa litanie.

 

Entends encore le murmure de la brise

Dans la ramure transparente et chamarrée.

Fascinant, le pinson de trémolos nous grise

Et nous attire vers la tendre fougeraie.

 

Comme la campagne est belle ! Il court un frisson

Sur l’herbe tendre. Les primevères  fragiles

Font des taches de lumière sous les buissons,

Près des violettes enivrantes et graciles.

 

Les chatons des aulnes se balancent, légers,

Comme de fines pendeloques de cristal.

Des nuages délicatement ouvragés

De blanc, coiffent cette pureté sans égal.

 

Il faut tout boire des yeux , ne rien laisser,

Pour ensuite, à la nuit venue, se souvenir,

Fermer les paupières, raviver ce passé,

Présent de la nature qui nous veut ravir.

Béjar/Yvette

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Dimanche 13 avril 2008

PAYS NOIR 

 

A l’heure où un doux soleil encore engourdi

Par les brumes de la nuit empourpre les meules

Et les loges aux coiffes de chaume alourdi,

La Brière sort de son vaporeux linceul.

 

Un chaland léger glisse lentement sur l’eau,

Jaspant la surface d’un éventail doré,

Troublant un instant le héron dans les roseaux,

Puis disparaît derrière des saules nacrés.

 

Les blondes roselières ondoient sous le vent ;

Une odeur suave de tamaris nous grise ;

La nature déploie des charmes enivrants,

Au fil d’une belle journée qui s’éternise.

 

Le marais est là, envoûtant. On le respire.

Il nous interpelle, nous fascine, charmeur.

Mystérieux et légendaire, il nous attire

Vers les inquiétants brouillards de ses profondeurs.

 

Pays noir du précieux morta millénaire,

Où chaque bruit chuchoté à la nuit tombée,

Nous fourvoie dedans ses labyrinthes pervers,

Et où planent de pauvres âmes égarées.

 

Pays bleu où le soleil reflète dans l’eau,

Pays d’eau, de lumière, pays enchanteur,

Pays de brumes épaisses et de canaux,

Enfin pays du retour des grands migrateurs.


Béjar/Yvette

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Vendredi 11 avril 2008



Le ressac

 

 

 

Toi et moi, le nez dans le léger vent salé,

Nous allons heureux, les cheveux ébouriffés,

Ma main dans ta main et le teint un peu hâlé,

Sur le sable mouillé comme deux assoiffés.

 

A l’horizon, une juxtaposition

Lointaine de plusieurs tons de bleu , roi du ciel,