Samedi 28 juin 2008



Tous les oiseaux de la Loire

 

Tous les oiseaux de Loire ont mené grand tapage

En ce matin diffus traînant son front brumeux ;

Tous les oiseaux de Loire à l’envol fastueux

Au grand livre du temps semblaient tourner la page.

 

 

Sur le sable mouillé, ils ont posé l’étoile,

 Sur le roseau tremblant leur aile a caressé.

Quiconque s’approchait se sentait repoussé,

Tous les oiseaux de Loire éployaient leur grand voile.

 

Sur la nacre du flot, sur l’océan brun des grèves,

Hors du tumulte vain, brassant leur liberté

Tous les oiseaux de Loire ont embrassé l’été

En cadençant d’amour la splendeur de nos rêves.

 

Le soir, ils revenaient en longue débandade

Hautains sur le ciel pâle et s’en allaient cherchant

Des lambeaux de soleil saignant dans le couchant

Et des nids embués dans la secrète rade.

 

Ils passaient lentement, ourlant le diaphane,

L’air où le soir module au vent de la fraîcheur.

Je les accompagnais au rythme de mon cœur

Tant le divin dansait sur la rive profane.

 

Tous les oiseaux de Loire allaient de connivence

Au-delà des maisons, des regards ébahis,

Ils emportaient si loin l’âme des bas-pays

Que la lune glissait dans des draps de silence. 

                                   Gérard Brec



Gérard Brecq est né dans l'île de Loire de Saumur.
Il a peint la Loire et écrit "Cantilène à la Loire".
 Je n'ai pu résister à vous recopier un de ses superbes poèmes.
Je n'ai malheureusement pas vu sa peinture.

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Mercredi 23 avril 2008

Prière  d’un têtard ligérien 

 

 

Sur la grève, elles saignent les grumes étalées,

Rossées et torturées, carcasses abattues.

Une sève rougeâtre colore leurs plaies.

Elles ne luttent plus, ne se débattent plus.

 

On les appelle trogne ou plus souvent têtard ;

C’est vrai qu’ils sont très laids, tortueux ou bossus,

Alors qu’ils sont frênes, saules, peupliers noirs,

Que l’on émonde sans cesse, les laissant nus.

 

L’hiver, ils n’ont plus de bras pour stopper le vent,

Pourtant, sans rancune, ils gardent dans leurs entrailles,

Des petits êtres, boules de poils doux, vivant

Serrés à l’abri, mais réchauffant leur poitrail.

 

Ils vous implorent, ô toi Lune et toi Soleil !

Ne les laissez pas continuer ce carnage !

Leurs spectres ventrus, crevés, tendus vers le ciel

Prient pour faire cesser ce terrible abattage.

 

Ils sont crucifiés par les prédateurs humains !

Dieux grecs  ou  bien romains, ou  Saints du paradis,

Joseph ! Sauvez ces pauvres têtards ligériens !

Laissez les se mirer encor dans l’eau qui luit.


Béjar/Yvette

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Vendredi 18 avril 2008

La Loire à Saint Sébastien

 

 

Entre ses rives bordées de bouleaux

De saules et d’aubépine défleurie,

Elle court, comme prise en un étau,

Sa fureur vaincue et tout alanguie.

 

Emprisonnant, mutine, les trois îles,

Elle glisse, éblouie de lumière,

Entre les grands roseaux servant d’asile

Aux hérons cendrés à l’allure altière.

 

Parfois une poule d’eau sautillante

Teinte les vaguelettes enflammées

Par le couchant, de perles scintillantes

Et distrait cette langueur profanée.

 

Le vieux pont aux arches séculaires

Se mire, majestueux, dans cette eau.

Un souffle s’exhale de ses pierres,

Des chuchotements courent sur les flots.

 

Que sont devenues les vieilles gabares,

Aux voiles lourdes et au passé chargé,

Le ventre plein de produits du terroir,

Sentant l’épice et le sel du marais ?

 

Où s’en sont allés les anciens battoirs

Et les chants des riantes lavandières,

Leur linge blanc flottant le long des boires

Qui longeaient cette Loire millénaire ? 


Béjar/Yvette 

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Lundi 14 avril 2008

Loire d'ici et d'ailleurs

Tu coules tranquille entre tes rives diaprées,

Belle endormie, capricieuse et gracieuse,

Une brume légère nimbant tes verts près,

Fine mousseline opaline et vaporeuse.

 

Robe de mariée à la traîne striée

De mille rayures moirées et frémissantes

Avec ta couronne de géants peupliers

Se reflétant, hardis, dans ton eau miroitante.

 

Tes flots somnolents flattent la silice blonde

Des bancs de sable festonnant tes îles plates,

Eclairée par le soleil naissant sur ton onde,

Frémissement furtif sur les flancs d’une plate.

 

Un vol de mouettes criantes et impatientes

Nous annonce l’arrivée de quelque  fûtreau

Laissant dans son sillage une queue scintillante,

Godillant malicieux, négligeant ton repos.

 

Tu glisses entre les arches du pont,

Chuintant, clapotant, limpide et aérienne,

Hérissant de mille ridules ton beau front

Aux nuances variées d’ambre vert et d’obsidienne.

 

Tu captes la lumière du ciel et, magique,

Tu la transformes en une féerie d’argent,

D’or et de camaïeux de gris-bleu métallique,

Palette de couleurs aux tons toujours changeants.

 

Ce plaisir que j’ai de  t ‘admirer, belle amie,

Active l’envie que j’ai de t’emprisonner

Sur une toile où je pourrai à l’infini

Assouvir cette passion pour toi réfrénée.


Béjar/Yvette

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Dimanche 6 avril 2008

Le héron de l’île

 

L’avez-vous vu ce matin ?

Il y était encore.

Posté sur une patte,

Il guettait dans les roseaux.

Sauvez-vous grenouilles insouciantes !

Le pauvre petit gardon, lui,

N’échappera pas au long bec pointu.

 

L’avez-vous vu s’envoler ?

Au moindre bruit il exécute

Deux ou trois drôles de petits bonds

Et s’élance au-dessus de l’eau,

Son long cou tendu

Et enfin replié.

Mais qu’il est donc lourd !

 

L’avez-vous vu dans les airs ?

On dirait qu’il rame.

Ses ailes sont largement déployées.

On entend comme un souffle

Quand il passe au-dessus.

Comme il est orgueilleux !

Mais comme il est beau !

 

L’avez-vous vu aussi se poser ?

Alors là ! Il faut l’admirer.

Il replie un peu ses ailes

Et se laisse glisser vers son gagnage

En se déhanchant d’un côté sur l’autre

Tout en souplesse

Mais avec une amusante acrobatie.

 

Mais vous,

L’avez-vous vraiment vu sur son île ?

Béjar/Yvette

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Présentation

Moi

  • : Très passionnée par la nature en général.Ainsi je peins ce que je vois et j'écris ce qui ne peut être peint. J'écris sur mon pays natal: l'Algérie, Gouraya, Cherchell, Bou-medfa etc.
  • : France Nantes
  • : Femme
  • : Béjar

La peinture et moi





  La peinture et moi

La peinture et moi,
Nous étions amies d’enfance.
Elle, généreuse, enjôleuse.
Moi, sensible et romantique.
Nous étions complices,
Nous avions des rêves d’avenir.
Elle était ma gabare
Et moi son moussaillon.
Nous voguions entre des rives colorées,
Heureuses, radieuses.
La peinture et moi,
N
ous étions amies d’enfance.
Mais un jour, on nous a décriées.
On nous a séparées.
Et moi, avec l’innocence de l’adolescence
J’ai accosté et j’ai laissé sur le quai
Ma joie de vivre, ma passion.
Je l’ai reniée, ingrate, méprisante
Pour aller vers d’autres horizons.
La peinture et moi,
Nous étions amies d’enfance.
Mes pas, loin d’elle s’en sont allés.
Mais mon corps lui a donné sa revanche
A son tour, lui, a voulu m’abandonner.
Révolte, souffrance, démission,
Tourmente, affliction.
Je pars, ma vie ne tient plus.
Tout en moi n’est que regret.
Ma gabare, mon amie, où es-tu ?
La peinture et moi,
Nous étions amies d’enfance.
Elle a entendu ma prière,
A vu mon désarroi.
Elle est arrivée peu rancunière
Et nous avons retrouvé notre connivence.
Elle est là, mon amie.
Elle sait, elle a compris
Elle m’a montrée le chemin du mieux-vivre,
Patiemment, tout en douceur.
La peinture et moi,
Nous sommes amies d’enfance.
Nous glissons côte à côte sur une eau claire.
Elle est redevenue ma gabare
Et ma main a repris la barre.
Mais je suis à l’automne de ma vie
Alors mon bateau, quand je serai vraiment cassée,
Vogue sans moi sur le courant,
Vers un autre cœur
Car je sais que toi tu ne mourras jamais.

 

 

 





























































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