MES PASSIONS AU FIL DES JOURS
18 Mai 2008
Photo bladi.over-blog
Un court passage de mes écrits sur l'Algérie
Alger
..... Et près du square Bresson débouchait la rue Bab-Azoun. De cette rue aucun souvenir, sauf qu’elle était très large à mes yeux d’enfant, et surtout à cause d’une chanson que nous fredonnions dans toute l’Algérie à l’époque. En voici les amusantes paroles :
« Hier au soir et zim boum-boum,
Dans la rue Bab-Azoun et zim boum-boum,
On a trouvé et zim boum-boum,
Une jeune fille assassinée et zim boum-boum,
Et la police et zim boum-boum,
Toujours pleine de malice et zim boum-boum,
Collait des affiches et zim boum-boum,
Sur lesquelles on lisait : »
Et on recommençait : « hier au soir etc… »
Et puis la rue d’Isly, la rue Michelet … Ce dont je me souviens, c’est que les rues étaient très animées. On y rencontrait toutes sortes de gens. Des loqueteux comme des personnages bien habillés. Notre mère nous tenait serrées contre elle, Arlette et moi. Elle craignait toujours de nous perdre, il ne fallait pas que nous marchions derrière elle, de toutes façons nous étions si peu habituées à la ville qu’un rien nous effrayait. Les devantures des magasins étaient chargées de toutes sortes d’objets aux couleurs voyantes ; les marchands appelaient les passants sur les trottoirs en criant, et la musique sortait de toutes les boutiques. Les mélanges d’odeurs emplissaient les rues, passant des épices salées aux épices sucrées. Et puis on entendait les sirènes des bateaux dans le port invitant les voyageurs à embarquer, formant avec les cris des mouettes une symphonie portuaire. Et ça, je ne l’oublierai jamais. Tous ces paquebots qui stationnaient dans la baie ! Il y en avait des grands et des petits, mais pour nous, ils étaient tous très impressionnants.