photo - galets- pierres-FranceLe galet de la plage.
J’ai trouvé dans le fond d’une poche,
Un galet.
Un galet plat, lisse, rond.
Ramassé sans doute sur la route de mon enfance.
Il dormait bien dans ma poche.
Il se reposait de ses années de turbulence.
Mais il rêvait de ce temps passé
Sur ses plages, sur ses dunes de coquillages.
Balloté sans relâche par les courants de l‘oued
Ou les vagues de la Méditerranée,
Grondant à cause du roulement.
Bousculé, maltraité, usé,
Quand la mer était en colère ;
Léché, caressé quand elle était calme ;
Chauffé par le soleil l’été sur la plage.
Il était lourd de ce passé millénaire.
Façonné par le temps, minéral éternel,
Poli par le mouvement perpétuel
Et souvent désordonné
De cette eau d’apparence calme
Mais qui se déchaînait parfois,
Le rudoyant, le meurtrissant contre les rochers
Mais aussi le lustrant, le polissant,
Le rendant si doux, si lisse, si satiné.
Où sont-ils ces galets de mes jeunes années,
Petites formes grises, blanches, safranées ou panachées ?
Les plats qui servaient à faire des ricochets,
Les ronds et lisses pour jouer à la marelle ?
Ceux qui nous faisaient trébucher sur la plage,
Nous réchauffaient et parfois nous brûlaient les pieds ?
Ils roulaient sous nos pas, toujours ronchonnant,
Formant avec le bruit du ressac
Une symphonie terrestre,
S’enfonçant un peu plus mais renaissant ensuite.
Galets toujours groupés, en ribambelle
Semblables mais aussi si différents
Et au fond si solitaires.
On ne les voit pas, on ne les regarde pas.
Ils nous interpellent pourtant,
Mais on ne les entend pas.
J’aimais les toucher, les lisser de mes doigts,
Les humecter pour leur rendre leur brillant.
Je ne cherchais pas à connaître leur provenance,
Mais je leur inventais une vie.
Entre l’animal et le végétal,
Mais en aucun cas le minéral.
Je les sentais vivre !
Et en regardant, mon petit galet, seul, isolé des autres,
J’ai senti que j’avais un petit morceau d’éternité,
Au creux de la main.
Yvette



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